Quand j'y réfléchis, mes souvenirs d'enfance en famille tournent beaucoup autour de la nourriture.
Non, pardon: de la cuisine. C'est-à-dire pas seulement ce qu'on mange, mais comment on le mange, quand, et surtout avec qui.
Il faut dire que mes parents cuisinent très bien. Vraiment très bien. Mon père (ce héros, forcément) étant en plus - entre autres innombrables qualités - un autodidacte très doué en oenologie, je vous laisse imaginer l'ambiance pendant les repas de famille. A tel point que j'ai souvent été assez déçue dans des restaurants réputés. J'ose le dire, qui n'a pas goûté à sa recette de foie gras frais poêlé ne connaît rien de la vie. Chez moi on dit en rigolant qu'il y a deux Paul qui comptent en cuisine à Lyon, Paul Bocuse, sur la rive droite de la Saône, et mon père, sur la rive gauche.
Et puis il y avait les goûters dînatoires du dimanche soir - croque-monsieurs et cornichons et surtout pas de couverts!
Et le jour du goûter, à la sortie de l'école, un soir par semaine, où on avait droit à bonbons et pain au chocolat.
LE gâteau au chocolat de ma mère, pour les anniversaires - un gâteau tout simple, mais parfait, avec juste la bonne proportion de sucre, de beurre et de chocolat.
Le Kouign amann (=littéralement, gâteau au beurre) de ma fête, pendant les vacances d'été en Bretagne, avant d'aller sur la plage voir le feu d'artifice du 15 août.
Le canard auquel nous avions droit quand les grandes personnes prenaient le café.
Le rituel de mes parents, chaque mois, se faire un bon dîner d'amoureux pendant lequel nous n'avions le droit de les déranger sous aucun prétexte (fallait bien ruser, avec quatre enfants à la maison!)
Et la soupe d'hiver au potiron, le pain perdu, les déjeuners dehors l'été, la tisane d'avant le coucher, les petits déj au Nesquick (et la première phrase du matin: oh, j'ai fait un de ces rêves, cette nuit...)
Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que cette année sera la première où je ne serai pas à la maison pour Noël, avec mes parents, ma soeur et mes frères. Et que ce sera dur.
Mais ce sera aussi le premier Noël que Nico et moi passerons vraiment ensemble. Et que nous sommes en train de réfléchir à ce que nous allons cuisiner...
Des rituels à chérir, d'autres à créer.
[En guest-star, le dessert concocté par ma mère à Noël dernier - oui, j'ai des photos de bouffe dans mes archives, et alors?]







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